Gustave Le Bon - Psychologie des foules

Introduction

Le Bon est convaincu que cette fin de XIXe siècle est sous la domination des foules. Il convient alors de comprendre leur fonctionnement afin de les conduire efficacement. L'auteur propose donc une analyse des différentes formes de foule, leur manière de se constituer ou de se dissoudre et les facteurs qui les déterminent.

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Introduction – L’ère des foules
L1. Chap1. - Caractéristiques générales des foules
L1. Chap2. - Sentiments et moralité des foules
L1. Chap3. - Idées, raisonnements et imagination des foules
L1. Chap4. - Formes religieuses que revêtent toutes les convictions des foules
L2. Chap1. - Facteurs lointains des croyances et opinions des foules
L2. Chap2. - Facteurs immédiats des opinions des foules
L2. Chap3. - Les meneurs des foules et leurs moyens de persuasion
L2. Chap4. - Limites de variabilité des croyances et opinions des foules
L3. Chap1. - Classification des foules
L3. Chap2. - Les foules dites criminelles
L3. Chap3. - Les jurés de cour d’assises
L3. Chap4. - Les foules électorales
L3. Chap5. - Les assemblées parlementaires

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Si par philosophie nous entendons un certain usage de la rationalité et l’inscription dans une tradition alors cette Psychologie des foules n’est pas un ouvrage philosophique. En effet, Le Bon ne s’encombre pas des outils traditionnels (distinction conceptuelle, postulat, argumentation progressive…), il se contente pour l’essentiel d’affirmer ses thèses en les accompagnant d’exemples. Grâce à la finesse de ses observations il parvient bien à toucher son lecteur, de fait, nous sommes emportés par certaines de ses assertions.

Son discours est sans aucun doute politiquement situé mais cela ne contamine pas l’ensemble, il nous étonne ici et là, nous le trouvons où nous ne l’attendons pas. Ainsi, il est difficile de sortir intégralement convaincu par son discours mais également difficile de le rejeter en bloc. Chacun y trouvera quelque chose à glaner et matière à critiquer. D’autant plus facilement qu’une fois encore son mode d’écriture reste fragile. Lorsqu’on s’empare d’un texte de Kant par exemple, il suffit de mettre un doigt dans l’engrenage pour se faire happer par la démonstration, chez Le Bon nous cueillons ce que bon nous semble.

L’auteur est convaincu que cette fin de XIXe siècle est sous la domination des foules, elles feraient la pluie et le beau temps. Les gouvernants, les patrons eux-mêmes seraient assujettis à ces masses sourdes à tout discours rationnel. Il convient alors de comprendre leur fonctionnement afin de les conduire efficacement. Le Bon propose donc une analyse des différentes formes de foule, leur manière de se constituer ou de se dissoudre et les facteurs qui les déterminent.

Au-delà de cette visée politique, le lecteur y trouvera également des éléments qui concerne l’individu. Qu’est-ce que le groupe fait à l’individu ? Quelles idées nous façonnent ? Quelles sont les limites du pouvoir de conviction de la rationalité ? Il y trouvera aussi une critique haute en couleur de certaines institutions.

Il est a noter que chez lui une foule n’est pas nécessairement nombreuse, nous ne sommes pas si loin du Pluriel de Brassens qui portait le nombre à quatre, Le Bon s’accorderait avec lui pour reconnaître que le groupe nous rend con, pourvu qu’on entende bien connerie comme bêtise sans lien nécessaire à la méchanceté.

Bonne balade en philosophie !