Les essais (tome 2)

« Si vous cherchez une pensée qui s'élabore dans l'abstrait, qui taille les concepts et les polit, une pensée systématique sûr et froide comme l'acier alors il vous faut passer votre chemin. Ici, on déambule, on perd son temps pour le gagner. Ici la chair et le sang sont la matière première de la pensée. Ici on se promène avec un homme et non avec un pur esprit ; on noue des liens à travers le temps... »

Durée de lecture : 4h57

Table des matières

  • Ch. 25. De l'éducation des enfants

  • Ch. 26. C'est folie de juger du vrai et du faux avec notre seule raison

  • Ch. 27. De l'amitié

  • Ch. 28. Vingt-neuf sonnets d'Étienne de La Boétie

  • Ch. 29. De la modération

  • Ch. 30. Des cannibales

  • Ch. 31. Il faut apporter beaucoup de circonspection, quand on se mêle d'émettre un jugement sur les décrets de la Providence

  • Ch. 32. Les voluptés sont à fuir, au prix même de la vie

  • Ch. 33. La fortune marche souvent de pair avec la raison

  • Ch. 34. Une lacune de notre administration

  • Ch. 35. De l'habitude de se vêtir

  • Ch. 36. Sur Caton le jeune

  • Ch. 37. Une même chose nous fait rire et pleurer

  • Ch. 38. De la solitude

En savoir plus

Montaigne débat de tout avec son lecteur, des pensées les plus profondes aux futilités de son temps, rien n'échappe à sa plume. Ici, il critique les vêtements à la mode ; là, il traite du rôle du politique. Il n'y a pas de petit sujet, tout y est à niveau, comme dans la vie.

Dès le début, il nous avertit que ce livre n'a pas d'autre ambition que de coucher sur le papier ses colères et son enthousiasme ; ses doutes et certitudes ; de laisser en témoignage ce que la vie lui a appris. Alors, non content de nous présenter dans ses pages les anecdotes qui forment la vie des personnages célèbres de son temps et du passé ; il nous fait également côtoyer le quotidien des petits, des obscurs, des sans grade.

Il parsème son texte de citations glanées chez les anciens. Empruntant quelques mots à chacun comme s'il souhaitait partager la parole avec tous. Ses compagnons de pensées, quelque soit leur origine, sont bienvenus : poètes, généraux, philosophes se succèdent et s'entremêlent.

Si vous cherchez une pensée qui s'élabore dans l'abstrait, qui taille les concepts et les polit, une pensée systématique sûr et froide comme l'acier alors il vous faut passer votre chemin. Ici, on déambule, on perd son temps pour le gagner. Ici la chair et le sang sont la matière première de la pensée. Ici on se promène avec un homme et non avec un pur esprit ; on noue des liens à travers le temps.

Ici, surtout, on se retrouve émerveillé de voir à quel point l'homme a si peu changé malgré tous nos artifices modernes. Les questions, les angoisses, les joies, les désirs et les peines sont les mêmes, le décors seul a changé.