Les essais (tome 1)

« Si vous cherchez une pensée qui s'élabore dans l'abstrait, qui taille les concepts et les polit, une pensée systématique sûr et froide comme l'acier alors il vous faut passer votre chemin. Ici, on déambule, on perd son temps pour le gagner. Ici la chair et le sang sont la matière première de la pensée. Ici on se promène avec un homme et non avec un pur esprit ; on noue des liens à travers le temps... »

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Texte mis à disposition par : The Project Gutenberg)

Durée de lecture 

5h30

Table des matières

  • L'auteur au lecteur

  • Ch. 1. Moyens divers d'obtenir la commisération de ses ennemis

  • Ch. 2. De la tristesse

  • Ch. 3. Nous prolongeons nos affections et nos haines au delà de notre propre durée

  • Ch. 4. L'âme exerce ses passions sur des objets auxquels elle s'attaque sans raison, quand ceux, cause de son délire, échappent à son action.

  • Ch. 5. Le commandant d'une place assiégée doit-il sortir de sa place pour parlementer ?

  • Ch. 6. Le temps durant lequel on parlemente, est un moment dangereux

  • Ch. 7. Nos actions sont à apprécier d'après nos intentions

  • Ch. 8. De l'oisiveté.

  • Ch. 9. Des menteurs

  • Ch. 10. De ceux prompts à parler de prime saut et de ceux auxquels un certain temps est nécessaire pour s'y préparer

  • Ch. 11. Des pronostics

  • Ch. 12. De la constance

  • Ch. 13. Cérémonial dans les entrevues des rois

  • Ch. 14. On est punissable, quand on s'opiniâtre à défendre une place au delà de ce qui est raisonnable

  • Ch. 15. Punition à infliger aux lâches

  • Ch. 16. Façon de faire de quelques ambassadeurs

  • Ch. 17. De la peur

  • Ch. 18. Ce n'est qu'après la mort, qu'on peut apprécier si, durant la vie, on a été heureux ou malheureux

  • Ch. 19. Que philosopher c'est apprendre à mourir

  • Ch. 20. De la force de l'imagination

  • Ch. 21. Ce qui est profit pour l'un est dommage pour l'autre

  • Ch. 22. Des coutumes et de la circonspection à apporter dans les modifications à faire subir aux lois en vigueur

  • Ch. 23. Une même ligne de conduite peut aboutir à des résultats dissemblables

  • Ch. 24. Du pédantisme

En savoir plus

Montaigne débat de tout avec son lecteur, des pensées les plus profondes aux futilités de son temps, rien n'échappe à sa plume. Ici, il critique les vêtements à la mode ; là, il traite du rôle du politique. Il n'y a pas de petit sujet, tout y est à niveau, comme dans la vie.

Dès le début, il nous avertit que ce livre n'a pas d'autre ambition que de coucher sur le papier ses colères et son enthousiasme ; ses doutes et certitudes ; de laisser en témoignage ce que la vie lui a appris. Alors, non content de nous présenter dans ses pages les anecdotes qui forment la vie des personnages célèbres de son temps et du passé ; il nous fait également côtoyer le quotidien des petits, des obscurs, des sans grade.

Il parsème son texte de citations glanées chez les anciens. Empruntant quelques mots à chacun comme s'il souhaitait partager la parole avec tous. Ses compagnons de pensées, quelque soit leur origine, sont bienvenus : poètes, généraux, philosophes se succèdent et s'entremêlent.

Si vous cherchez une pensée qui s'élabore dans l'abstrait, qui taille les concepts et les polit, une pensée systématique sûr et froide comme l'acier alors il vous faut passer votre chemin. Ici, on déambule, on perd son temps pour le gagner. Ici la chair et le sang sont la matière première de la pensée. Ici on se promène avec un homme et non avec un pur esprit ; on noue des liens à travers le temps.

Ici, surtout, on se retrouve émerveillé de voir à quel point l'homme a si peu changé malgré tous nos artifices modernes. Les questions, les angoisses, les joies, les désirs et les peines sont les mêmes, le décors seul a changé.