Dieu et l'État

« À la suite de Voltaire, qui au XVIIIe siècle, avait affirmé : « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer. » Bakounine retourne la citation et affirme pour sa part : « Si Dieu existait, il faudrait le faire disparaître ». Sa volonté d'aboutir à une sortie de l'État conçu comme moyen d'organisation social fait de lui l'un des pères fondateurs de l'anarchisme... »

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Texte mis à disposition par : L'Altiplano

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Michel Bakounine est un penseur révolutionnaire du XIXe siècle. Dans son ouvrage Dieu et l'État il s'emploie à dénoncer le rôle conjoint de l'Église et de l'État dans l'oppression du peuple. Il s'agit donc d'une remise en cause du principe de laïcité.

À la suite de Voltaire, qui au XVIIIe siècle, avait affirmé : « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer. » Bakounine retourne la citation et affirme pour sa part : « Si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser ».

Si la charge qu'il mène contre l'Église catholique romaine est centrale dans l'ouvrage, aucune religion n'échappe à sa critique et l'État est considéré comme l'agent, le collaborateur assidu, la main du religieux. En un mot, le concept de laïcité reste un vœux pieux. Bakounine préconise donc une rupture radicale de la société avec ces deux entités. Il faut renverser l'État pour que le peuple redevienne maître son existence et qu'il cesse, une fois pour toute, d'être le troupeau que les aristocraties de tout bord se plaisent à tondre depuis que le monde porte l'humanité. Un projet qui le conduit donc au-delà de la laïcité.

Cet ouvrage polémique s'appuie avant tout sur une critique des idéalismes qui selon lui mènent nécessairement à un matérialisme brutal, il prône au contraire un matérialisme qui doit aboutir à un idéalisme raisonné. Il fait reposer ses arguments sur une analyse précise des faits historiques et notamment de la politique française de la révolution jusqu'aux années 1830. Et sur l'évolution qui permit le passage de l'Ancien au Nouveau Testament, d'un Dieu national à la naissance d'un Dieu universel, condamnant au passage des personnages tels que Rousseau ou Robespierre.

Sa volonté d'aboutir à une sortie de l'État, conçu comme moyen d'organisation social, fait de lui l'un des pères fondateurs de l'anarchisme.